Pour la quatrième année consécutive, Format Court vient d’attribuer un prix au Festival de Vendôme. Le jury, composé de Lola L’Hermite, Carine Lebrun, Mathieu Lericq, Zoé Libault et Marc-Antoine Vaugeois, a choisi de récompenser « Tourisme International », un moyen-métrage documentaire réalisé par Marie Voignier, parmi les 23 films retenus en compétition nationale.
Tout commence par un souffle prêt à rompre, celui d’un garçon sur le toit d’un gratte-ciel. On ne sait pas vraiment où on est, mais on devine bientôt, c’est bien Johannesburg derrière lui. Ce garçon surgit dans l’étrange lourdeur d’une caméra qui plane. Il respire fort, il est sur le point de sauter, il est à bout de course, son regard ne dérive pas.
Hillbrow, l’ancien pôle culturel branché de Johannesbourg, est devenu un quartier (populaire) hyper dense, assez violent. A partir de récits collectés sur place, le film HILLBROW propose une traversée géographique guidée par des personnages fictifs qu’incarnent des habitants du quartier. En dix parcours HILLBROW dessine un labyrinthe de tensions urbaines.
Réal. : Nicolas Boone
Documentaire, 33′, 2014
France
Que ce soit en filmant le cinéaste canadien Guy Maddin, la chanteuse délurée Peaches ou l’icône new-yorkaise Alan Vega, le style-signature de Marie Losier est immuable. Caméra Bolex 16mm à la main, elle capture l’intime, la vie et la douce folie de ses amis dans des portraits anti-cinéma vérité. Présenté cette année au FNC à Montréal, « Bim Bam Boom » ne déroge pas à la règle et offre en 13 minutes chrono un home made movie sur les sœurs Moreno, reines du catch mexicain.
Trois femmes/trois soeurs/trois Luchadoras professionnelles faisant partie de la dynastie Moreno : Rossy, Esther et Cynthia sont des lutteuses compétitives sur le ring. Mais elles portent aussi la Lucha Libre dans leur vie, luttant avec des couteaux, des têtes de cochons, des fleurs et des plumes ! BIm Bam Boom !
Réal. : Marie Losier
États-Unis, Danemark, Mexique
2013
Après l’organique « To Taste the Ground » évoqué hier dans nos colonnes, « Un royaume déménage » (Once Upon A Kingdom) est un autre documentaire québécois retenant notre attention au Festival du nouveau cinéma ayant lieu en ce moment à Montréal.
Aux abords du Saint-Laurent près de Québec, un bâtiment centenaire protège le quotidien fragile d’une congrégation catholique de 82 religieuses. Désormais confrontées aux limites naturelles de l’âge et à l’absence d’une relève engagée, les sœurs de Sainte-Jeanne-d’Arc ont récemment voté le déménagement de leur congrégation. Guidé par la présence des sœurs de la communauté au fil des saisons, nous assistons au déclin d’un ordre autrefois dominant.
Réal. : Raphaël J. Dostie, Terence Chotard
Documentaire, 10′, 2014, Canada
« To Taste the Ground », retenu en compétition Focus au Festival du nouveau cinéma de Montréal, est un documentaire qui déploie sous nos yeux un paysage naturel exalté et une terre généreuse travaillée par des hommes et des femmes qui vivent au rythme de la nature.
Un documentaire poétique rythmé par le passage des saisons au sein d’une petite ferme biologique en Colombie-Britannique. La ferme, isolée, est alimentée à l’énergie solaire et par l’eau qui coule des montagnes. Un film sur la relation respectueuse qu’entretiennent les agriculteurs avec l’environnement.
Documentaire, 24′, 2014
Canada
Il s’appelle Willy Holt. Son nom pourrait faire penser à un mercenaire, à un fuyard intrépide, élancé sur son cheval, dans un western hollywoodien. Le personnage en a la carrure physique : de grande taille, plutôt mince, les pupilles repoussées au fond des cavités oculaires, les cheveux mi-longs aux reflets désormais blafards flanqués en arrière. À des distances plus extrêmes, de loin ou de près, certains détails en font pourtant une individualité indéfiniment plus complexe, intrigante. Sa démarche, d’abord : il avance par minimes élans successifs, comme s’il n’était pas possible de tirer un trait droit dans l’espace.
L’histoire du joueur de flûte de Hamelin, 24 enfants en poussettes, une théorie sur les montagnes russes, un concentré de sentiments personnels, quelques revendications syndicales de Dingo.
Dans une grange ourouxoise dont le caractère exigu pousse à la convivialité, une rétrospective consacrée au documentaire français de 1958 à 2009 a défilé cet été devant les yeux d’un public curieux et averti. Composée de deux programmes intitulés « Doc en court », elle offrait un panorama subjectif et non exhaustif.
3 ans, 8 mois et 20 jours : durant cette période, les khmers rouges ont insaturé un pouvoir sanguinaire qui a décimé pas moins d’un cinquième de la population cambodgienne de 1975 à 1979. « Scars of Cambodia », documentaire d’Alexandre Liebert, primé deux fois au festival de Clermont-Ferrand (Meilleures photo et musique) et présenté récemment au festival Partie(s) de campagne dans la section Doc 2, s’attache à livrer le témoignage silencieux d’un survivant de ce régime liberticide.
Tut est un pêcheur de cinquante-deux ans vivant à Kampot. Malgré la barrière de la langue, il a raconté, pour la première fois et sans mots, son passé sous les Khmers Rouges, à une photographe et un réalisateur, mimant les tortures subies en prison l’année de ses quinze ans.
Réal. : Alexandre Liebert
Documentaire, 30′, 2013
France
La pratique du skateboard renvoie assez naturellement aux rampes et autres obstacles tels des trottoirs, des tubes, des escaliers repérables dans les grandes villes, peut-être aussi à des graffitis, assurément à du béton et aux sons urbains.
Loin des lignes classiques au « fisheye », des spots de béton lisses et parfaits, « le skate moderne » nous présente un groupe de skaters qui n’hésitent pas à mettre leurs boards dans la boue et rouler sur un environnement insolite et atypique, celui de nos campagnes.
Réal. : Antoine Besse
Documentaire, fiction, 6’43’’, 2013
France
Le 37ème Festival du Film Court en plein air de Grenoble s’est achevé ce weekend. Format Court y a récompensé pour la première fois un film en compétition. Le Jury Format Court (Katia Bayer, Camille Monin, Mathieu Lericq) a décerné son prix (dossier spécial & projection dans le cadre des soirées Format Court) au film « Le Skate moderne » réalisé par Antoine Besse et a attribué une Mention spéciale à « (T.I.A) THIS is Africa » de Matthieu Maunier-Rossi.
Mardi 10 juin 2014, l’association Documentaire sur grand écran consacrait une soirée spéciale à Alain Resnais lors de son rendez-vous mensuel Doc&Doc au Forum des images. « Alain Resnais par l’entrée des artistes – carte blanche à Hervé Gauville » proposait pour l’occasion de découvrir les premiers films – tous des documentaires sur l’art – du réalisateur disparu il y a peu.
L’association Documentaire sur grand écran a consacré le 10 juin dernier au Forum des Images une carte blanche à Hervé Gauville intitulée “Alain Resnais par l’entrée des artistes”. Les films choisis ont offert aux spectateurs la possibilité d’appréhender sous un angle parfois méconnu l’oeuvre d’Alain Resnais, alors jeune cineaste L’ensemble des films montrés – en 35 mm, chose de plus en plus rare – a été réalisé à la fin des années 40 et au début des années 50, élement reconnaissable aux voix et aux musiques quelque peu datées.