Lorsqu’on invite Marion et Romain Castera pour une interview, c’est Noamir qui entre et s’installe. N O A M I R, six lettres, celles qui composent leurs deux prénoms. Frère et sœur, habitués depuis toujours à jouer ensemble, ont fusionné et prolongent ainsi leurs jeux d’enfants dans leur vie d’adultes sous forme de clips, de concerts, de films. Un corps à deux têtes en somme, artistiquement siamois. L’un a l’œil, l’autre l’oreille, et à quatre mains, ils ont réalisé « #1 », un court métrage de quatre minutes qui vient d’être sélectionné à Cannes par la Cinéfondation.
Cartes blanches, hommages, reprises de festivals ou avant-premières, le Forum des images continue d’explorer le cinéma d’animation, une fois par mois, en partenariat avec l’Afca. Programmé le mardi à 19h00, ce rendez-vous est l’occasion de rencontrer des auteurs français et étrangers, venus parler de leurs parcours et de ceux qui les ont influencés. La prochaine carte blanche offerte est celle de Simon Bogojevic-Narath, le 30 juin prochain.
Projeté à la Fête de l’animation, à Lille, lors de la séance du studio croate Kenges, « Leviathan » de Simon Bogojevic-Narath (Prix du meilleur film d’animation à Clermont-Ferrand en 2008), est une réflexion en images sur le pouvoir et ses dérives adaptée du livre homonyme de Thomas Hobbes.
Simon Bogojevic-Narath est peintre, vidéaste, et animateur, en Croatie. ll y a deux ans, son film « Leviathan » a été distingué à plusieurs reprises, notamment à Clermont-Ferrand (Meilleur Film d’animation, Mention du Jury Jeunes). À la cinquième fête de l’animation de Lille, il représentait le studio d’animation Kenges spécialisé dans la 2D/3D et les effets spéciaux. Rencontre avec un peintre du mouvement.
Réflexions en images sur le livre de Thomas Hobbes, « Léviathan », le manuel de tous les souverains du monde.
Réal. : Simon Bogojevic-Narath
Expérimental, Animation, 14’40’’, 2006
Croatie
« Qu’est-ce que je parle… Je n’aime pas trop parler de moi. Ça, c’est à cause de la bière ! Bon, j’en prends une autre ! Tu as une autre cassette ?! ». Réalisateur russe habitant à Budapest, formé à l’animation au studio Pilot et à l’Université de cinéma de Moscou, Alexei Alexeev aime faire des films stupides, drôles et courts, à l’image de « KJFG n°5 », un sketch musical mettant en scène des animaux de la forêt. Entre houblon et exclamation, rencontre avec le réalisateur, présent à la cinquième Fête de l’animation, à Lille.
Depuis 2004, la Fête de l’animation propose à Lille une programmation centrée sur l’animation dans toutes ses expressions : cinéma et arts numériques, BD et manga, jeu vidéo, culture asiatique. Cette année, la cinquième édition de la Fête proposait, du 16 au 19 avril, différents rendez-vous aux amateurs du genre.
Présenté dans de nombreux festivals dont celui d’Anima, de Cracovie, d’Amiens et de Téhéran, « Cândido » est le tout dernier court métrage de Zepe (José Pedro Cavalheiro), réalisateur portugais diplômé de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Lisbonne et de La Cambre à Bruxelles. Sensualité XXL et rythme noir sont au rendez-vous.
« KJFG n°5 » est une animation musicale absurde mettant en scène nos amis, les animaux des bois. Lauréat du prix SACEM de la musique originale au Festival d’Annecy en 2008, ce sketch hongrois épatant, apprécié à Anima et ailleurs, laisse un air ridicule dans la tête et un sourire joyeux sur les lèvres.
Trois musiciens professionnels, l’ours, le lapin et le loup, répètent dans la forêt, mais soudain le chasseur arrive.
Réal. : Alexei Alexeev
Animation, 2’10’’, 2007
Hongrie
En 1982, une nouvelle chaîne de télévision apparaît dans le paysage audiovisuel anglais. Son nom : Channel 4. Ses valeurs : innovation, créativité, expérimentation, originalité, subversion, nouveaux talents. De 1989 à 1999, Clare Kitson dirige le Département Animation de la chaîne. Cet auteur de plusieurs ouvrages spécialisés (Yuri Norstein, Channel 4) était, en février 2009, membre du jury international à Anima.
Sur une comptine très populaire en Russie, un poète fait vivre les images de souvenirs d’un monde paisible où les hommes et les animaux savaient être ensemble, avant que la guerre n’arrive.
Réal. : Yuri Norstein
Animation, 29′, 1979
Russie
Lauréat du Grand Prix de Tricky Women 2008, du Grand Prix du Festival regard sur le court métrage au Saguney 2008, du Prix spécial du Jury Hiroshima 2008, et de bien d’autres accolades, l’ovni « Don’t Let It All Unravel » a enclenché des applaudissements enthousiastes à Anima.
John l’ours polaire s’excuse auprès de Karen le pingouin à la suite d’une dispute; puis il prend du thé et un biscuit.
Réal. : Matthew Walker
Animation, 3’30 », 2007
Royaume-Uni
Dans une forêt un lion capture une souris et menace de la dévorer. Celle-ci lui propose un marché.
Réal. : Benjamin Renner
Animation, 4’10 », 2007
France
Un enfant réussit à apprivoiser un gros loup blanc pour en faire sa monture. Son petit frère et lui sont ravis. Mais pour nourrir sa famille, le père ramène de la chasse un gibier plus gros que d’habitude, un loup blanc…
Réal. : Pierre-Luc Granjon
Animation, 8’10″, 2006
France
Un homme et son fils vivent au sommet d’un pic escarpé. Le seul accès au monde extérieur se fait par un pont ; celui-ci étant détruit, les deux personnages sont entièrement isolés du reste de l’humanité. Le père a veillé à tenir son fils éloigné des réalités du monde des hommes. Mais une nuit, l’enfant aperçoit au loin, en bas de la falaise, une ville dont les lumières brillent. Il devient alors fasciné par cette ville, dont son père veut le préserver à tout prix.
Réal. : Vincent Bierrewaerts
Animation, 14′, 2007
Belgique, France
Un homme est en prison. Son compagnon de cellule est torturé jusqu’à la mort. Quand ses geôliers viennent le chercher à son tour, il parvient à s’enfuir dans l’enceinte du bâtiment. Geste désespéré car il s’agit d’un vrai labyrinthe. Il échappe pourtant à ses poursuivants jusqu’au toit du bâtiment. Du haut des miradors, un militaire le tient en joue. Là il exprime devant eux toute la mesure de sa liberté.
Réal.: Arnaud Demuynck
Animation, 10′, 2007, France, Belgique